« Toute cette dose d’erreurs prétentieuses oblige à un réexamen du cas de Resnais… Malgré les références qu’il faisait à André Breton lors des discussions autour d’Hiroshima, il a donné sa mesure exacte en s’en remettant à Robbe-Grillet… Robbe-Grillet, arrivé beaucoup trop tard pour détruire le roman, a tout de même détruit Resnais… Avec la retombée de Resnais dans le plus redondant et le plus mité des spectacles, force est de conclure… qu’il n’y a plus d’artiste moderne concevable en dehors de nous. »
Michèle Bernstein, Internationale Situationniste 7, avril 1962.
« J’aime infiniment le premier film entièrement conçu et réalisé par Alain. Et il est parfaitement vain de l’opposer à Marienbad, ou de laisser entendre que L’Immortelle serait une sorte de sous-produit de Marienbad… Quoi qu’on puisse dire de L’Immortelle, c’est un film et cela ne peut être qu’un filin. Robbe-Grillet en réalisera d’autres, et en particulier avec moi. »
Alain Resnais, L’Express, 4 avril 1963.
Si vous lisez Planète à haute voix, vous sentirez mauvais de la bouche !
Internationale Situationniste 7, avril 1962.
C’est le chef incontesté et incontestable de la nouvelle vague… Ce garçon, qui a dépassé la quarantaine mais ressemble encore à un étudiant attardé, fait ses films discrètement, en respectant les scénarios qu’il demande à des écrivains qu’il estime… Cet Harry Dickson vivra à l’écran des aventures plus délirantes que Fantomas et Rocambole. « Mais il n’y aura aucun clin d’oeil au public », dit le sérieux Resnais. Il va sûrement nous faire pénétrer dans le domaine de l’onirisme et du surréalisme. Frédéric de Tovarniki, journaliste à la revue d’anticipation Planète, travaille au scénario. C’est justement la science-fiction qui fournira le thème du film suivant de Resnais, Je t’aime, je t’aime. L’auteur est Jacques Sternberg, romancier d’anticipation et journaliste dans la même revue Planète. »
France-Soir, 23 janvier 1963.